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Où va le dernier filet ?
Queue de hasard
Où part l’eau ?
Reconstituable à morsures
Le réservoir de la cafetière, un verre tendu, l’humus d’un pot de fleur, au galop d’une invisible écume qui nous dépollue l’esprit que nous prenions pour océan compté, peut-être pour l’eau génique de la Mersey
On le sait bien, on l’a vu traverser la rue à toute vitesse, passer le sil de ses argiles transparentes, fuir le goulet, survivre à l’envie sur nos lèvres d’un ultime petit gâté du côté du goulot, laisser derrière lui les traces infimes d’un étranglement tenté pour l’honneur, heureusement classé sans suite
Aucun préféré relief de pas sur l’embout, ni squelette de fluide chassé derrière, pas de dépôt, aucun pli d’orbe que ravineraient des morceaux de dendrologie liquide, souvenirs ligneux au repos, dans la tension d’un possible repassage aléoutien de contenance à continence, non encore balayés
Les billes de pétrole d’œuvre au spectacle de leur bouillie semblent se raidir dans leur forme, comme pour la gloire se réverbèrent, perfusent encore les sucs de leur polymère
Personne ne choisit de boire au loin, sous les suées du soleil de suicidé de notre société plastique, le mirage du dattier d’une oasis pansue, cœur retourné dans la perte de leur hypnose de cire
Gros impayable négatif d’un gosier pentu, soudain hydrophobe, profondément dimensionné dans les hauteurs et toujours sous pression, les yeux translucides injectés des multiples sens d’une vision inconnue qui nous laisse sur le seuil de sa crue enfantine, comme rus d’Artaban, sans eau franche, déferrés sur les bords de sa luisance
Contre-néant d’un ancien contenu, un nu tonneau ravalé pur et repeint par l’atelier de Rabelais
Ne détient plus rien mais qui boit tout de l’extérieur, le met à reposer sur les charbons de synthèse de son vin de sable
Voir, ou d’une image s’enduire, il faut en hydropathe du volant aux nageoires ou aux anneaux glissants, se maudire
Qui garde la conscience de soi, même s’il n’en a plus goutte, flancs secs, intacts, sans blessures apparentes, larmes évaporées pour de bon, qui malgré cela s’empoumonne de quelque chose de mûr, dans la soif de la fin, la faim d’autres sphères aquatiques en l’espèce, refait du moi mou avec du dur
Têt de sa gorge franchi, une Mer rouge qui écarte ses huis, pour un verre promis, un espoir en fuite qui se régénère quelque part sur les rives et les champs d’intimes liaisons, que vous ne ferez jamais connaître de vous, qui feront comme si elles ne vous connaissaient pas
D’un imago vidé, pattes et ailes de l’eau en huit dans un dernier angle muet de son môle intérieur
Emptied at full blur
Mue imaginale dont nous n’avons pas le commencement d’une idée
_ Si vous n’avez jamais vu l’ange dans le ciel détourner le regard sur votre passage, c’est qu’il vous manquait, pour opiner du chef, une plume sur le tard
Une gnosie pour glas terminal
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Saisi sur Instagram, lewshima, le 16 septembre 2021
