En Greco je me suis approché de ta peau, tu étais allongée le dos sur la table basse, à ton nombril s’articulait un baiser exquis et judicieux, le long d’une plaque de pont de bateau nue en bois photographique, les paumes d’une entropie de passage dilatées comme des veines sur le teck. Mes épaules mangeaient leurs roulements comme les iris des chats avalent le trop de lumière dans la nuit verticale, ta cuisse près du chevalet me remit du perceptible film de son illumination un cran plus profond dans l’huile de tes yeux.
Je te couvrais de mon nuage de réciproque, à bout touchant comme à nos carreaux les longs rorquals bleus du ciel de ce matin venus en trombe se foncer entre les lueurs du crible des lignes de l’ouest et le rebond du vent clair dans tes cheveux.
J’aimais ce mélange agile sur ton corps, je ne me connaissais pas un tel lien de symétrie positive au contact de l’histoire de tes mains.
Lampe tempête dans la chambre qui ne pardonnait aucun jeu d’attitudes, l’insolent équilibre des pigments du miel de ta peau se projetait sur le mur d’eau du désir et me révélait autre à la gangue de mes habitudes, le guéait vers son rucher mouillé, soustrait au petit verrou crémeux de son accoutumance, le changeait d’imagination.
Dans les rapides du sang, l’éclair d’une lame de soleil à ton ventre fit jaillir des souvenirs d’écume haletée autour de tes seins, leurs ions de finesse, douces yoles, magnifiques nacelles de la jeunesse d’une fraîche activité génétique, Oman des volcans remontés au seuil du sable de grâce, la réflexion d’un Néguev dans la vitre de ses particules en fusion, sésame de ses souterraines eaux sinueuses, son présage dans l’air dispersé par tes cils de panthère, des images d’étudiant en cinéma faciles à obtenir à la caméra, des images intensives qui le dépassent comme le rayon d’une dune nomade au désert.
L’ombre rémanente du menton adouci qui voulait s’ourler au-dessous de ta bouche doit être encore la mienne – enfoncée dans le cosinus de satin de l’angle sublime de ta mâchoire sur la joue -, à la recherche de la caresse ultime qu’un instinct sûr prolonge de ses doigts de tournesol.
Ta fabrique de l’amour est d’un haut savoir, rien ne déborde, ne s’émulse de son mystère, du fleuve de la moire de tes jambes s’écarte à son embouchure l’île d’une insoluble durée indigo, plus que bleue, ambrée de sédiments d’or, incise de l’anche visible d’un merveilleux bassin, suprême et précis coup de crayon de tes reins, tu retiens la fenêtre d’un pied dans le dessin, un frisson de ton âme s’est absorbé dans la vision de ton visage dont j’échoue presque encore face à sa cascade de flashs à coder le filtre fertile et suivre le sillage, épais fusain sur les braises de ta glisse je reviens nager la même subtile distance depuis la position du verrier de ton maître regard, toi qui sans en troubler la fonte donnes à mon corps loisir de faire le cadre.

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Dashunia