Rima Hassan, virile églogue au canter d’antilope,
Vos vers aux rimes assassines,
Remplissent muettement l’espace corné inter-orbitaire de vos beaux yeux

Que vos sourcils fendirent à l’hémistiche avec la faux d’un cil de cyclope
Des regards virides trahissent en vous la Jâhilîya de Ras Shamra, du Levant nord — que refusait, dans ses volumes aux gros roberts halins, de décrire l’acide lexicographe interlope Alain Rey rendu dépressif par le souffle glacial des harmattans sur sa fine poitrine — jusqu’à la pointe de la péninsule abyssine,
Éperdue, la fonte de votre rimmel retrace de sa plume d’oie les poreuses frontières au pied des paupières salées des Craignant-Dieu,

Rima, louve des Rome ouvertes, Rimbaud des sables fondus puis rendus aux pharisiens ou ribaude du Hamas à battre le bitume de Paris, plâtrée de sourires-d’amour-mourir-nous-font, assez éloignée du flux de l’humour d’Amichaï pour que la timide unanimité des contours zoniers que respirent vos traits dans l’inanimation soit sans nuance sur votre visage de Madone, jusqu’à quel seuil d’ascèse placerez-vous l’accent de votre syncope ?
From the shiver to the shi`r, pourquoi la métrique de votre nazm, qui reste à votre portée tremblante, ne s’oppose-t-elle pas au gueuloir à slogans du nathr du tout venant activiste dont vos prêches nous bassinent ?
Rima, est-ce chez vous le signe que le عِلْم اَلشِّعْر, l‘`ilm aši`r de votre science du mètre, laisse à désirer et patine du moyeu

Dans les brouissailles d’un merveilleux calligraphe des monts et des sources, lettres géologiques courant sur la table d’un tissu de lois sacrées, que chaque nuit vous détruisez ou détournez en besogneuse Pénélope ?
Vos discours ordinaires pissent les vers fautifs d’une scansion que vous firent déglutir, du filet de vos lèvres vers le trémail de votre gorge et sa cale où croupissent des centaines de Jonas, les donneurs d’ordre fantômes de votre terroriste officine
Comme me l’a dit Khalil ibn Ahmad, vous sembliez pourtant digne du Mutadārik, ce seizième maître-vers d’emploi si périlleux,

Rima des auspices de l’hosanna de papier au verbeux jeu de paume, jeu de vélin, sous vos bagues et le blanc de vos ongles peints se devinent les mains d’une liseuse d’horoscope
L’agenda islamiste de cette schématique mais vorace pseudo-Palestine qui vous fascine,
Ombre fantasque de vos pondéreux considérables amis mafieux,

N’attendra pas l’expression légaliste qui sourd du puits en béton gazaouï et cimente le tour de vos pieds, qui passe par le torse de votre rythme vers la déclamation de son port de tête héroïque, dont le noyau bisyllabique du khol berbère s’agglomère autour de vos yeux, pour sortir du tunnel, dans une morte cadence, armée d’un jardin de grenades, qui n’auront rien de suprêmement symbolique, aux poings sertis de manucure de vos Frères placides de réputation, car tels on les suppute, par le lorgneur petit bout du périscope
Rima des hymnes aux Mouches de Sartre, issue d’un peuple tortionnaire moins souvent par accident que mû par quelque chose d’inhérent à son lourd hinterland mental et son préjudice d’agrément, ad libitum indemnisé, enveloppes bien en chair aux bons soins d’un simulacre d’Europe défaitiste qu’un rien n’apeure, piqué de l’idée d’un improbable Argos, malade d’un sommeil qui agit sur lui comme une veille hallucinée, systématique, inconnue des glossines,
Rima, Belle niortaise de Gaza, chimérique Lenglen du bord des salons à la moquette de poil de chamois non crayeuse, joueuse de comices professionnelle, à l’abri sous les préaux de l’humaine causerie, pourtant amatrice de la pluie de slices lâchés depuis le tamis de roquettes en bois qui s’abattent sur les tréteaux de la terre rouge d’une politique rebattue, les yeux lanceurs d’aces dépassés par les limites alertes d’un court de tennis dont toutes les balles des Arabes des équipes et fédérations des pays voisins s’accordèrent à rendre sans appel et sans rebond l’arbitrage du terrain, à jamais lépreux

Comme vous, j’ai horreur des poèmes de circonstances

Vaguement, je vous salue, Vierge Rima, déesse étalant sa superbe avec le mépris de Circé pour les tournures barbares creusées au burin sur cet autre poème qu’était le visage à plusieurs strophes de Jack Palance